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La décharge de Castries : vers une pollution durable de l'étang de l'Or ?

Le 15 février 2012, ACNAT LR a répondu à l'enquête publique sur l'extension de la décharge de Castries, suite à une sollicitation de l'association la Garrigue au Coeur, avec laquelle nous avions déjà coopéré contre le projet de parc à singes à Teyran. Nous n'étions pas très chauds au départ, la décharge étant prévue dans un site déjà bien malmené (carrière), et étant conscients qu'il faut bien mettre les déchets quelque part, ainsi que de l'urgence de prendre une décision pragmatique. C'est en creusant le dossier que nous avons réalisé les enjeux.

Dans notre courrier déposé à l'enquête, nous avons pointé quelques faiblesses de l'étude d'impact environnementale, notamment l'insuffisance d'information sur certains groupes pour lesquels nous avions des données :

  • la malacofaune (présence de 3 espèces protégées),
  • les odonates (25 espèces de libellules en aval du cours d'eau voisin, La Cadoule, parmi lesquelles l'Agrion bleuissant, une rareté à l'échelle nationale inscrite au plan national d'action Odonates),
  • les chiroptères, pour lesquels l'inventaire nous a semblé insuffisant au regard du nombre de cavités présentes dans le secteur.

Sur le plan des habitats, l'étude d'impact ne mentionnait pas non plus la présence d'un habitat d'intérêt communautaire sur le site, les “rivières souterraines, zones noyées, nappes phréatiques”. Nous avons également pointé la nécessité d'une évaluation des incidences au titre de Natura 2000 sur l'étang de Mauguio à 13 km en aval, ainsi que sur la ZPS des Hautes Garrigues du Montpelliérais, très proche, qui abrite notamment l'Aigle de Bonelli.

L'essentiel de notre démarche a reposé sur des analyses techniques réalisées par d'autres experts, concernant la suffisance des mesures prises pour garantir l'absence d'impact sur l'environnement :

  • isolement du casier insuffisant,
  • erreur sur la nature du sous-sol,
  • contact très probable du fond du casier avec la nappe phréatique lié à une mauvaise évaluation des données piézométriques,
  • présence de produits fermentescibles dans le casier 1 alors qu'il était conçu pour des déchets inertes,
  • production de biogaz en grande quantité cotoyant une carrière en exploitation (tirs de mines),
  • et des données suggérant déjà une contamination des eaux souterraines par le casier 1.

Après avoir rappelé ces motifs de précaution, nous avons terminé notre argumentaire en rappelant les engagements du DOCOB et du SDAGE de l'étang de l'Or, et avons prévenu le commissaire enquêteur des conséquences possibles sur l'environnement aquatique, en aval du site, d'un tel risque de pollution accidentelle ou chronique, jamais pris en compte dans l'étude. Nous attendons aujourd'hui la conclusion de l'enquête. Vous trouverez notre courrier à télécharger ci-dessous. Si vous voulez consulter le dossier, contactez-nous !

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