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L'ENS des Lavagnes vendue en 2009 au chauffeur de Georges Frêche

L'absence de suite à l'affaire Rigaud-Navacelles suggèrerait-t-elle que dans l'Hérault, il n'est pas choquant qu'un élu soit impliqué dans la vente d'un bien public classé à son fils ? Aujourd'hui nous savons qu'il y a eu d'autres ventes remarquables, qui n'ont pas été remarquées, comme celle du Mas des Lavagnes.

L'affaire Rigaud-Navacelles, révélée par le Canard Enchainé en avril 2012, avait montré comment les élus font le dos rond dans la presse locale jusqu'à ce que l'affaire soit enterrée. Rappelons que le fils de Jacques Rigaud a acquis un ENS à Navacelles avec maison à restaurer et terrain en bord de rivière, pour 14 000 €, alors que son père était le rapporteur du déclassement et de la vente initiale de ce « lot », pour de tous autres objectifs (projet touristique ou agricole). Malgré des courriers adressés au Procureur de la République de Montpellier, aucune enquête n'a été déclenchée à ce jour sur ce qui s'est passé entre l'abandon du projet initial et la délibération finale ayant abouti à cette vente, à laquelle J. Rigaud n'a participé ni en tant que rapporteur ni en tant que votant. Quid des autres acheteurs potentiels ? L'élu Rigaud est-il en faute ? Le Conseil Général est-il aveugle ? Ou est-ce considéré comme normal ?

Le déclassement des Espaces Naturels Sensibles pour les revendre à des privés est un premier scandale en soi, lorsque ces décisions sont justifiées, non pas par une disparition des enjeux qui ont justifié la préemption des terrains, ou pour une grande cause d'intérêt général, mais pour se débarrasser de sites dits « inexploités ». Une véritable habitude dans ce département, si l'on en croit l'accumulation des délibérations en ce sens ces 10 dernières années. La destination de la revente de ces biens publics est un second scandale.

En 2009, c'est un mas avec 4 hectares de terrains qui a été déclassé et vendu 86 000 € à deux particuliers : le mas des Lavagnes, situé sur les hauteurs de St Guilhem le Désert, au pied du Mont St Baudille. Les deux acquéreurs sont Yvan Séverac (chauffeur de Georges Frêche de 1977 à 2004) et Alain Camoin (Commissaire aux Comptes à Montpellier, Expert Judiciaire Economie et Finance auprès de la Cour d'Appel et du TGI de Montpellier, et gérant de la SCI Immobilière « Le désert des Lavagnes »). Le rapporteur de la vente, quant à lui, était Jacques Rigaud.

Aujourd'hui, nous souhaitons alerter sur deux questions, l'une juridique : est-il normal que des espaces naturels acquis avec l'argent public, ayant entre autres vocation à être protégés, puissent être déclassés aussi facilement pour être revendus ? On notera que dans d'autres départements, comme l'Aude, seuls les échanges de parcelles sont autorisés.

L'autre question est d'ordre moral : est-il normal que les élus du département aient systématiquement approuvé (par le vote des délibérations) cette braderie du patrimoine acquis avec une taxe départementale, au profit de personnes privées dont l'identité ne manque pas d'interroger le citoyen lambda ?

Le feuilleton continue... (?)

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